A Bahia, le développement de la capoeira a vu l'introduction du berimbau, instrument qui symbolise la capoeira aujourd'hui et qui était devenu obligatoire pour mener des rodas encore organisées en cachette.

Les persécutions et les affrontements avec la police continuaient, et pendant cette période, beaucoup de mestres furent tués, pour le seul fait d'apprendre la capoeira. C'est à cette période que surgirent des figures légendaires, des "jogadores" terribles, des lutteurs très dangereux comme BESOURO MANGANGA (Bahia), NASCIMENTO GRANDE (Recife), MANDUCA DA PRAIA et MADAME SATA (Rio de Janeiro), chantés encore aujourd'hui dans les rodas de capoeira du monde entier.
Au début du 20ème siècle, le capoeiriste était considéré partout comme un paria, même si le jogo (jeu) et le jogadore (joueur) véhiculaient une philosophie propre à chacun.

Ce n'est qu'à partir des années 30 que la capoeira retrouve un nouveau souffle et renaît avec vigueur avec le baiano MANUEL DOS REIS MACHADOS (1900-1974), le célèbre mestre BIMBA. Celui-ci développa un style de capoeira connu aujourd'hui sous le nom de REGIONALE (lutte régionale de Bahia). Ce nouveau style, caractérisé par des coups plus rapides et puissants, est né en mélangeant à la capoeira traditionnelle (Angola) certains éléments du BATUQUE, une ancienne lutte de Bahia. Mestre BIMBA, avec son génie créatif, conçut aussi une méthodologie d'enseignement qui facilitait l'apprentissage en introduisant la gymnastique dans sa méthode. Mestre BIMBA fut invité pour réaliser une démonstration par le Président d'alors, Getulio Vargas, qui décréta la capoeira comme "sport national brésilien", faisant partie intégrante du folklore et de la culture nationale. Un autre personnage qui joua un rôle majeur pour la capoeira fut VICENTE FERREIRA PASTINHA, connu sous le nom de mestre PASTINHA qui préserva la capoeira traditionnelle, devenant ainsi le gardien de la capoeira ANGOLA.

Aujourd'hui, la capoeira n'est plus le privilège de Bahia ou de Rio de Janeiro. Elle s'est diffusée avec beaucoup d'enthousiasme dans le monde entier comme un sport à part entière (comme l'a déclaré le conseil national brésilien du sport). Au Brésil la capoeira compte plus de 10 millions de pratiquants, occupant la deuxième place après le foot, et, même s'il reste encore beaucoup à faire en terme de soutien et de reconnaissance, la capoeira a réussit à s'imposer dans toutes les couches sociales.

Hors du Brésil, "l'art martial brésilien" est en train d'acquérir une reconnaissance mondiale et se retrouve dans plus de 90 pays avec des millions de pratiquants. De part son héritage culturel et les valeurs qu'elle revendique, la capoeira incarne aujourd'hui l'histoire d'un peuple. Elle est une expression authentique de l'identité nationale brésilienne.

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