Dès le début de son histoire la capoeira est victime de la répression et dans de nombreux endroits sa pratique fut interdite par les propriétaires des plantations et par les "feitores". Cette répression s'explique par plusieurs raisons : - elle donnait aux esclaves aliénés une identité, leur permettait de perpétuer leur culture ;- elle permettait la formation de petits groupes soudés ;- elle donnait confiance à ceux qui la pratiquaient ;- elle formait des lutteurs agiles, courageux et dangereux;- parfois dans le jeu, les esclaves se blessaient, ce qui était économiquement désavantageux.

Evidemment, ces motivations n'étaient pas conscientes dans l'esprit des patrons mais les classes dominantes sentirent très vite que la capoeira représentait un danger potentiel pouvant ébranler leur pouvoir.

Durant l'esclavage, la capoeira était pratiquée de manière violente là où les esclaves étaient sûrs de ne pas être vus mais lorsqu'ils ne pouvaient échapper au regard des négriers, elle était dissimulée comme une danse et un jeu avec l'aide d'instruments de musique. Mais il est évident qu'elle était principalement transmise et apprise dans des lieux cachés, à l'abris des regards dangereux des "capatazes".

Le 13 mai 1888, l'esclavage fut aboli au Brésil et la capoeira se marginalisa. A cette période, et particulièrement à Rio de Janeiro, se formèrent des "maltas" (gangs), des groupes de capoeiristes qui provoquaient des troubles et parvenaient même à défier l'autorité. Face à une telle situation, le décret de loi 847 ("dos vadios é capoeiras") fut voté et approuvé par le Marechal Deodoro Da Fonseca le 11 octobre 1890, faisant courir des peines de 6 mois à 2 ans de réclusion aux travaux forcés à tout capoeiriste pris en flagrant délit. Le fait de faire partie d'un gang était considéré comme une circonstance aggravante, et les chefs ("cabeças") encourraient une peine double.

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