L'art de la capoeira est un des aspects les plus fascinants de la culture brésilienne car elle est un mélange de lutte, danse, chorégraphie, acrobaties, musique, poésie et culture populaire. La capoeira fascine d'autant plus que son histoire se confond avec celle du Brésil. Son origine, est, de nos jours, encore sujette à débat, mais pour mieux comprendre comment cette étrange danse a vu le jour, il faut s'embarquer avec les noirs sur les bateaux négriers dans le terrible voyage qui mène à l'esclavage... Ferme les yeux et imagine des dizaines de bateaux qui accostent sur la terre d'Afrique. Là, débarquent des hommes rustres portant des armes étranges et munis de filets et de chaînes. Imagine des centaines de personnes prises de panique, des scènes sanglantes, de lâcheté et de mort.

Des femmes, des hommes et des enfants sont désignés du doigt, capturés puis jetés dans des cales humides et obscures. Pendant le voyage, c'est le cauchemar: ramant jour et nuit, des centaines de noirs, en proie à la faim et à la soif, meurent de douleur et de fatigue.

Le voyage se termine sur une terre inconnue, différente de la leur. Ici, les noirs capturés ne sont que des marchandises, vendus comme des objets, choisis comme des animaux en fonction de la qualité de leurs dents et de leur force physique, conduits dans les "fazendas" et forcés à travailler sans repos, surveillés par les "capatazes" et "feitores", souffrant des coups de bâtons et dormant dans les "senzalas".

Arrachés à leur famille, à leurs amis, et à tout ce qu'ils connaissaient, les esclaves rencontraient des compagnons provenant d'autres régions d'Afrique avec des langues, des coutumes, et des cultures différentes. Parmi eux, il y avait des guerriers, des chasseurs et des musiciens...

Le temps passe, et dans la prison chacun observe et apprend à connaître la culture de l'autre. Puis, viennent au monde des descendants de ces esclaves qui grandissent dans cette ambiance de souffrance, et de persécution, imprégnés de cette culture hétérogène.

Mais les esclaves fuient et constituent des "quilombos", parmi lesquels le plus connu, le quilombo de Palmarés. Selon les registres, plus de 500 000 noirs l'auraient fréquentés. Zumbi, né en 1655 et tué le 20 novembre 1695 par des mercenaires envoyés pour détruire Palmares, fut le chef mythique de ce quilombo. Depuis, le 20 novembre est devenu le jour de "la conscience noire" au Brésil.

Dans les quilombos, les esclaves en fuite rencontrent d'autres esclaves opprimés par le régime: des blancs, des indiens et des métis. De ce mélange, naissent de nouvelles coutumes et une nouvelle culture, et c'est ainsi que se développe un manifeste culturel, un jeu, une lutte faite de coups de poing, de coups de pieds, de coups violents et d'expression corporelle intense: LA CAPOEIRA.

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